
À Écuisses, en Saône-et-Loire, la Villa Perrusson ressemble d’abord à une demeure bourgeoise particulièrement chargée en couleurs. Pourtant, ses façades ne sont pas seulement décoratives : à la fin du XIXe siècle, elles servaient aussi de démonstration commerciale aux productions de l’entreprise Perrusson-Desfontaines.
Briques, tuiles, carreaux et pièces moulées transformaient la maison familiale en vitrine grandeur nature. Les clients pouvaient observer les produits déjà mis en œuvre, tandis que les voyageurs de la voie ferrée voisine apercevaient directement les décors. Le site se visite aujourd’hui et ses intérieurs restaurés sont accessibles uniquement en visite guidée.
- Lieu : Écuisses, en Saône-et-Loire.
- Construction : premier pavillon en 1869, extension entre 1892 et 1895.
- Originalité : la demeure est devenue un catalogue architectural des produits de l’usine familiale.
- Visite : les intérieurs restaurés se découvrent en visite guidée.
- Fin 2026 : ouverture annoncée les samedis et dimanches du 7 novembre au 18 décembre, de 14 h à 18 h.
Au sommaire :
ToggleQuand une maison devient une publicité
Le terme de « maison-catalogue » n’est pas une formule inventée pour attirer les visiteurs. Le site officiel de la Villa Perrusson l’utilise pour décrire la transformation de la demeure à la fin du XIXe siècle. Chaque élément en céramique visible sur la villa correspondait à un produit fabriqué par l’entreprise et disponible à la vente.
Cette logique renverse notre manière de regarder le bâtiment. Une frise, une tuile émaillée ou une cheminée ne sont plus seulement des choix esthétiques : ce sont aussi des échantillons en situation. La maison montrait ce qu’un architecte ou un propriétaire pouvait commander et intégrer à son propre projet.
La documentation de l’Écomusée rappelle que la clientèle achetait aussi bien des produits courants, comme briques et tuiles, que des pièces beaucoup plus luxueuses. La villa mettait particulièrement en avant cette gamme haute.
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Deux pavillons racontent l’ascension d’une famille
La Villa Perrusson n’a pas été construite en une seule campagne. Jean-Marie Perrusson fait édifier un premier pavillon en 1869, à proximité de l’usine. Cette habitation patronale reste relativement sobre. Entre 1892 et 1895, alors que l’entreprise familiale a pris de l’ampleur, un second bâtiment beaucoup plus orné est ajouté : le pavillon Desfontaines.
Les deux parties réunies forment la villa actuelle. Le contraste raconte directement l’évolution de l’entreprise. La première maison affirme une réussite sociale ; l’extension transforme l’ensemble en démonstration commerciale spectaculaire. Le décor du premier pavillon est même enrichi afin de donner davantage d’unité au bâtiment.
L’entreprise Perrusson-Desfontaines a exploité plusieurs sites en France avant de disparaître en 1960. La fermeture s’inscrit dans un contexte où les industries céramiques de la vallée subissent la concurrence de nouveaux matériaux et l’évolution des circuits économiques.
La voie ferrée faisait partie de la stratégie
L’un des détails les plus intéressants se trouve hors de la maison : son implantation. Le pavillon Desfontaines est placé de manière à être visible depuis la voie ferrée. À une époque où le train structure fortement les déplacements et le commerce, les voyageurs deviennent des clients potentiels.
Autrement dit, la façade fonctionnait aussi comme une publicité extérieure. Les décors colorés attiraient l’œil avant même qu’un prospect ait feuilleté un catalogue papier. Les bâtiments de l’entreprise et certaines habitations ouvrières utilisaient eux aussi la céramique comme support de visibilité.
L’Écomusée conserve par ailleurs une quinzaine de catalogues de l’entreprise couvrant les années 1890 à 1936. Leur comparaison avec la villa permet de retrouver sur les façades des références réellement proposées à la vente.
Ce qu’il faut regarder pendant la visite
La villa peut facilement être parcourue comme une jolie demeure. Pour comprendre son intérêt industriel, il faut au contraire examiner les matériaux comme des produits.
- repérez les différences entre le pavillon Perrusson et le pavillon Desfontaines ;
- observez la variété des tuiles, briques émaillées et terres cuites moulées ;
- regardez les sols et les cheminées, pas seulement les façades ;
- demandez quels éléments correspondent aux catalogues commerciaux conservés ;
- replacez toujours la villa par rapport à l’ancienne usine, au canal et à la voie ferrée.
La base patrimoniale du ministère de la Culture décrit notamment des briques émaillées, des tuiles émaillées ou moulées, des carreaux de sol et des cheminées en céramique de style Art nouveau. La villa et plusieurs dépendances ont fait l’objet de protections au titre des Monuments historiques.
Préparer une visite en fin d’année 2026
Selon Destination Saône-et-Loire, le site est ouvert les samedis et dimanches du 7 novembre au 18 décembre 2026, de 14 h à 18 h. Les intérieurs se visitent uniquement en visite guidée ; il faut donc vérifier les horaires de départ et les modalités de réservation avant de prendre la route.
| À voir | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Façades et toitures | Ce sont les parties les plus démonstratives du catalogue céramique. |
| Intérieurs restaurés | Ils montrent que la logique commerciale ne s’arrêtait pas à la façade. |
| Parc et dépendances | Ils replacent la maison dans un ensemble patronal et industriel. |
| Relation à la voie ferrée | Elle explique la visibilité recherchée par l’entreprise. |
La Villa Perrusson se comprend donc mieux comme un document commercial construit à l’échelle d’une maison que comme une simple curiosité architecturale. C’est cette fonction précise qui mérite d’orienter la visite.
Marie
Marie, exploratrice des cultures, est une passionnée de voyages avide de découvertes. Armée de sa curiosité insatiable et de son ouverture d'esprit, elle parcourt le globe à la recherche des trésors culturels qui font la richesse de notre monde. De la danse traditionnelle au street food local, Marie aime plonger au cœur des traditions et des coutumes pour partager avec le monde la diversité et la beauté des cultures qui l'entourent. Avec sa plume vive et ses récits captivants, elle vous invite à voyager avec elle et à découvrir les merveilles cachées de chaque destination.



