
À Beauvais, la tapisserie n’est pas seulement conservée dans des vitrines. La Manufacture nationale créée au XVIIe siècle continue de produire sur des métiers horizontaux selon la technique de basse lisse. Le 4 novembre 2026, une visite guidée de 1 h 15 permettra d’entrer dans les ateliers et d’observer le travail des liciers.
Ce qui rend la visite rare tient au processus lui-même : le licier travaille sur l’envers de la tapisserie, suit une transposition inversée du modèle et contrôle progressivement le résultat avec un miroir. Une œuvre peut mobiliser des mois, voire davantage, bien loin de l’image d’un textile exécuté à la chaîne.
- Visite : 4 novembre 2026, de 14 h à 15 h 15.
- Réservation : obligatoire auprès de l’Office de tourisme de Beauvais.
- Tarif annoncé : 7 €.
- Technique : tapisserie de basse lisse sur métier horizontal.
- Adresse : 24 rue Henri Brispot, Beauvais.
Au sommaire :
ToggleCe que permet la visite du 4 novembre
L’Office de tourisme de Beauvais annonce une visite exceptionnelle le mercredi 4 novembre 2026, de 14 h à 15 h 15. Les places sont limitées et la réservation est obligatoire. Le tarif unique indiqué est de 7 €.
L’intérêt est d’entrer dans un lieu de production actif. Les liciers y travaillent sur des commandes destinées aux collections et aux décors publics. Le silence de l’atelier et la lenteur du geste contrastent fortement avec la taille finale de certaines œuvres.
La visite ne doit donc pas être abordée comme une démonstration folklorique. Les métiers servent réellement à produire des tapisseries contemporaines dans le cadre du Mobilier national.
Ne manquez pas:
Comprendre la basse lisse en quelques minutes
Beauvais se distingue par la basse lisse. Le métier est horizontal. La chaîne, généralement en coton, est tendue devant le licier. Des pédales permettent d’écarter les fils pairs et impairs afin de faire passer la trame.
Le fil de trame est porté par une petite pièce de bois appelée « flûte ». La laine, la soie, le coton ou le lin viennent recouvrir progressivement la chaîne. Contrairement à un tissage industriel rangée après rangée, le licier construit des formes colorées qui s’imbriquent.
Autre détail déroutant : il travaille sur l’envers. Le dessin de référence est transféré sous le métier sous forme inversée. Pour vérifier la face visible, le licier glisse un miroir entre les fils. La présentation technique du Mobilier national décrit précisément cette méthode.
Une manufacture créée en 1664
La Manufacture de Beauvais est fondée en 1664 sous Louis XIV, dans un contexte où Colbert cherche à renforcer les productions françaises face aux importations. La situation de Beauvais sur la route des Flandres et sa tradition textile jouent un rôle dans ce choix.
Contrairement aux Gobelins, dont la production était directement liée au souverain, Beauvais est à l’origine conçue comme une entreprise privée, même si les commandes royales soutiennent rapidement son activité.
Son histoire connaît une rupture majeure en 1940 : les bâtiments sont détruits lors de l’incendie de Beauvais et l’activité rejoint le site des Gobelins à Paris. En 1989, dix métiers regagnent Beauvais dans les anciens abattoirs municipaux rénovés. D’autres métiers restent à Paris tout en conservant le nom de Beauvais.
Pourquoi elle n’est pas figée dans le passé
Une manufacture historique pourrait donner l’impression de reproduire éternellement des motifs anciens. Ce n’est pas le fonctionnement de Beauvais. Le Mobilier national collabore avec des artistes contemporains et traduit leurs œuvres en langage textile.
Au XXe siècle, des artistes comme Matisse, Picasso, Le Corbusier ou Hartung ont été associés à cette histoire de création. La production contemporaine continue de confronter les savoir-faire anciens à des formes modernes.
| Élément | Ce qu’il faut observer |
|---|---|
| Métier horizontal | Position de travail propre à la basse lisse |
| Flûtes | Petits outils portant les fils de trame |
| Dessin inversé | Guide placé sous la chaîne |
| Miroir | Contrôle ponctuel de l’endroit pendant le tissage |
| Palette de fils | Traduction des valeurs et des couleurs de l’œuvre originale |
Préparer la visite sans passer à côté du geste
Le rendez-vous du 4 novembre dure 1 h 15. Ce n’est pas beaucoup pour comprendre trois siècles et demi d’histoire et un geste très technique. Avant d’entrer, retenez simplement la différence entre chaîne et trame : la chaîne forme le support, la trame colorée construit l’image et la recouvre.
- réservez avant de venir : les places sont annoncées comme limitées ;
- arrivez quelques minutes avant 14 h ;
- regardez d’abord les mains et les pédales du licier avant de chercher l’image finale ;
- observez le miroir utilisé pour contrôler l’endroit ;
- demandez à quel stade se trouve l’œuvre en cours plutôt que sa seule date de finition.
La visite est intéressante précisément parce qu’elle montre un travail en cours. Vous ne verrez peut-être pas une tapisserie terminée, mais vous comprendrez comment elle naît. C’est une meilleure clé de lecture qu’une succession d’objets finis.
Marie
Marie, exploratrice des cultures, est une passionnée de voyages avide de découvertes. Armée de sa curiosité insatiable et de son ouverture d'esprit, elle parcourt le globe à la recherche des trésors culturels qui font la richesse de notre monde. De la danse traditionnelle au street food local, Marie aime plonger au cœur des traditions et des coutumes pour partager avec le monde la diversité et la beauté des cultures qui l'entourent. Avec sa plume vive et ses récits captivants, elle vous invite à voyager avec elle et à découvrir les merveilles cachées de chaque destination.



